Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 19:28

En 1979, un livre témoignage a bouleversé la France et les pays francophones :

Dans *Les Enfants de la Joie*, Claudette Combes relatait la grande et belle histoire de sa famille pas comme les autres.

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Sur tous les plateaux de télévisions, avec ses mots d'enseignante, ses nombreuses références à Victor Hugo, Gilbert Cesbron, Bernard Clavel (entre autres), cette femme extraordinaire racontait comment le Biafra avait décidé du cours de sa vie.

Comment, devant les images insoutenables des enfants victimes de la folie des hommes, son mari Patrick et elle avaient éprouvé le besoin de *faire quelque chose*. D'un seul coeur, ils avaient remué ciel et terre pour adopter un de ces petit innocent. 

En fait de petit Biafrais, c'était un métis français qui était venu occuper la chambre préparée avec amour... Avant qu'un enfant biologique arrive pour partager ses parents et ses jeux...

Après quelques années passées en Afrique, la famille était rentrée en France pour accueillir une toute petite fille Coréenne.

Et la Grande Aventure s'était poursuivie.

Des 4 coins du monde, de la porte à côté, c'était une vingtaine de petits être de tous âges qui avaient officiellement intégré la famille, et trouvé refuge dans la grande maison de la *Sauvagine*, où Patrick faisait la classe à tous.

Ils avaient pour nom Antoine, Aurélien, Aurore, Ariel, Aubin, Ambroise, Alexis, Armand, Anna, Angeline, Anaïs, et tant d'autres, tous commençant par un A synonyme d'Amour et d'Adoption. 

Tant de garçons et de filles qui grâce à ce couple, au régime végétarien, aux médecines naturelles et au grand air de la campagne, avaient découvert qu'il y pouvait y avoir autre chose dans la vie que l'horreur de la guerre, de la famine, les coups, le rejet, l'indifférence, les foyers d'accueil et même parfois la prison...


Oui, ce récit (suivi de *Les Etoiles Naissent de la Nuit*) était idyllique. Il avait donné à de nombreux couples l'envie de se lancer dans l'aventure de l'adoption.

Ils avaient été innombrables ceux qui avaient cru que l'amour, la patience et le dialogue réussissait à guérir les pires blessures, à canaliser les plus grandes révoltes, à calmer les angoisses et les peurs.

Mais un beau jour, ce bel édifice s'est écroulé. Le quatrième enfant adopté, celui qui avait vécu le pire, qui avait littéralement été arraché à l'enfer, Abel est mort à l'âge de 21 ans.

Toute entière à sa douleur de mère, Claudette a cherché à le retrouver par-delà la mort. Elle l'a reconnu dans des odeurs, des émotions, des sensations... jusqu'à des enregistrements.

En 2004, Patrick a disparu à son tour, et Claudette a quitté la grande demeure familiale pour s'installer dans le Sud de la France, en laissant les *petits A* (désormais devenus grands) à nouveau livrés à eux-mêmes

Par ednath - Publié dans : Bibliothèque - Communauté : Faits divers.
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Dimanche 13 mai 2012 7 13 /05 /Mai /2012 19:23

Nous partîmes à treize ; mais par un prompt renfort

Nous nous vîmes quatre-cent-cinquante en arrivant au port

(librement adapté du texte de Croneille)

Cela semble hier... et pourtant, qui pourrait imaginer qu'il y a 50 ans la ségrégation raciale régnait encore dans le sud des Etats-Unis ? Que les bars portaient légalement la mention *Interdit aux chiens et aux Noirs*, que chaque communauté avait son trottoir, son église, son école, son distributeur d'eau public... que le mariage "mixte" était illégal et passible de prison ?

 

Cependant, les choses commençaient à bouger. Ainsi la Cour Suprême des Etats-Unis avait édité un arrêté rendant illégale la ségrégation dans les bus (rendue célèbre lors de l'action de Rosa Parks, en 1955). 

Afin de tester son exécution, un groupe de 7 noirs et 6 blancs, hommes et femmes, a pris place dans les fameux bus inter-états de la compagnie Greyhound.

Partis de Washington DC le 4 mai 1961, les jeunes avaient l'intention de rallier la Nouvelle Orléans après avoir rédigé leur testament et fait leurs adieux à leur famille. Bien que non-violents, ils étaient conscients des dangers que représentaient leur entreprise.

Et en effet. Arrivés en Alabama, les hostilités ont commencé. Attaquée par la foule, retenue prisonniers dans son bus alors qu'une bombe incendiaire le ravageait, tabassée par le KKK sous le regard impassible des forces de police, emprisonnée après ce quasi lynchage par la foule, la petite troupe réussit tout de même par son courage et sa détermination, à s'attirer la sympathie de l'opinion publique du pays.

Jusqu'à ce que le propre frère du Président, Robert (Bobby) Kennedy, alors procureur général des Etats-Unis, rallie cette cause, agisse pour que les Etats ségrégationnistes du Sud soient obligés d'appliquer les lois fédérales.

 

Et pendant ce temps, Johnny Hallyday fêtait ses 18 ans, Elvis Presley sortait *Can't Help Falling in Love*, Bourvil susurrait *Le Petit bal Perdu*, Mehdi attendrissait tous les téléspectateurs par son rôle dans Polly... Youri Gagarine effectuait le premier vol dans l'espace... et le mur de Berlin s'érigeait en une nuit...

 

Pour les intéressés anglophones, une vidéo retraçant cette épopée exemplaire : Freedom Riders

 


Par ednath - Publié dans : faits divers - Communauté : Faits divers.
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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 00:17

Voilà encore un livre qui n'a l'air de rien... ce que d'aucuns appellent *romans de gare*, de ceux que l'on retrouve au fond des cartons déposés dans les bric à brac et autres vides-greniers...

Mais pourtant celui qui aura été intrigué par le titre, accroché par le résumé, et conquis par la petite pièce ridicule à donner pour en être le propriétaire, ne regrettera pas son choix.

Comme le bon vin, ce roman a même pris de la puissance avec les années. Classé sous la catégorie *roman*, c'est en fait un témoignage impressionnant, le récit poignant d'un officier durant les quelques mois de la *Drôle de guerre*, entre septembre 1939 et mai 1940.

De la terrasse d'un palace cannois au moment de la mobilisation, à la frontière belge avant la retraite éperdue et sans gloire, le lecteur suit pas à pas le parcours d'un jeune homme, officier de réserve, propulsé au rang de commandant du 102e régiment d'infanterie.

 

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Ce qui rend ce livre incroyablement puissant et si différent de tous les témoignages sortis 60 ans après les faits. ce sont les réflexions à chaud, les détails de la petite histoire occultés au fil des années. Ce sont les espoirs de ces fantassins élevés dans le mythe de la toute puissance de la France, de l'inviolabilité de la Ligne Maginot, et leur incompréhension face au manque d'organisation, à l'impréparation du ministère de la guerre, à l'absence de soutien aérien, de support blindé.

Alors qu'en face l'ennemi est un rouleau compresseur méthodique et implacable, transférés par camions jusqu'au front, vêtus d'uniformes pratiques, chaussés de simples bottes, les français quasiment livrés à eux mêmes utilisent les moyens du bord pour dresser un semblant de défense... Ils marchent pendant des jours jusqu'à leur affectation sur la ligne de front... se bataillent chaque jour avec les bandes de tissus qui leur servent de guêtres... 

Jusqu'à la retraite, et les centaines de km à faire à pied à un rythme soutenu pour atteindre le dernier pont de la rivière avant qu'il ne soit détruit... en laissant derrière eux le souvenir de leurs compagnons morts pour la France.

Mais le plus dur est la démobilisation après l'armistice. Le jugement des civiles qui se sont enfuis sans gloire pour échapper à la progression allemande... la triste constatation que le sacrifice héroïque de tant de jeunes gens n'a servi à rien... 

Oui. Si l'on veut savoir ce qui s'est VRAIMENT passé durant cette *Drôle de Guerre*, sans être submergé par les considérations politiques, sans rappel en parallèle de ce qu'était la *Grande Histoire*, il faut lire cet *Officier Sans Nom*. On en ressort en larmes, avec le dégoût de ce que l'Homme est capable de faire pour gagner quelques centaines de mètres du territoire de l'autre.


Les aiguilles lumineuses de sa montre-bracelet tournent : 2 heures du matin, 3 heures, 4 heures... Rien ne s'est encore passé. Aucun poste ne bouge au loin. Il n'y a pas un seul coup de canon, pas le moindre crépitement d'arme automatique, par un éclatement... Cette nuit, ça n'accroche nulle part. Serait-ce vrai ce qu'a dit le guide ? Y aurait-il un accord tacite pour ne pas ennuyer l'adversaire le soir où il relève ses avant-postes ? Cela paraît incroyable. A moins que les Allemands n'aient été moins bien renseignés qu'ils ne le laissaient croire à leur radio ?

Les yeux commencent à s'habituer à l'obscurité. Quand on aura eu tout le temps de repérer le paysage de jour, on le localisera mieux la nuit suivante et il paraîtra moins hostile dans son silence. Le vent se lève : les branches des arbres remuent et évoquent des bras de géants... 5, puis 6 heures du matin. Mon Dieu ! Faites que cette première nuit interminable prenne fin ! On "les" attend à chaque seconde et ils ne viennent pas... C'est terrible l'attente... 7 heures ! Une cloche tinte très loin... On dirait que le son vient d'Allemagne. Il y a donc encore là-bas des gens qui ne font pas la guerre et qui trouvent le temps d'aller à la messe ?

Enfin c'est le petit jour : l'ennemi ne viendra plus. Le Harbusch sera tranquille jusquâu soir. Le brouillard tombe : il fera beau.

Par ednath - Publié dans : Bibliothèque - Communauté : partageons nos lectures
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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 21:35

A vous qui confectionnez encore de vrais albums photos, avec des clichés développés sur du papier de qualité assurant des dizaines d'années de plaisir à ceux qui l'ouvriront, voici une petite recommandation toute bête, mais ô combien importante !

Pensez à vos petits et arrières-petits-enfants qui hériteront de vos souvenirs. S'il vous plaît, pensez à inscrire le nom des personnes figées pour la postérité. Qu'importe que vous le marquiez derrière, au-dessous, ou n'importe où d'autre !  Ce qu'il faut, c'est simplement mettre un nom sur un visage !!!

Ainsi vous éviterez cette scène lorsqu'une adolescente intéressée pas la généalogie familiale s'approchera de votre fils, pour demander avec espoir :


http://a8.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc6/230981_1873746976197_1616860233_1889217_293140_n.jpg                                                                                                                                                                                                                                                          

 - Grand-papa, c'est qui là-dessus ?

- Ouh là... attends... oui, il y a le grand-papa de mon papa là, au milieu... Mais les autres ? Là, ça doit être l'oncle Ali... non, attends, il était le plus âgé... non, celui-là, c'était l'oncle Numa... Et là, la tante Ida...

Et là, votre belle-fille qui s'approche, et met son grain de sel :

- Mais non, la tante Ida était là, de l'autre côté... Celle que tu dis, c'est la tante Betty... et derrière, c'est son frère jumeau...

- Tu crois ? Non non, celle que tu dis ça ne peut pas être tante Betty, elle paraît trop vieille pour être la jumelle d'Henri ! Non, moi je suis certain que c'est Ida...

 

Enfin bref, vous avez compris le problème. Alors qu'il serait tellement plus facile de retourner la photo de famille, et de pouvoir dire :

 

cousins-mariage-Cedric.JPG

- Ah, ça ? C'était au mariage de mon grand-oncle... Il y a mon papa et ses soeurs... et leurs cousins...

 

Ce n'est pas plus facile comme ça ? Au lieu d'une dispute entre des aïeux à la mémoire défaillante, la conversation peut évoluer sur des liens de parenté ignorés, ou le souvenir de ce grand jour...

Donc au prochain jour de pluie, ou si vous vous ennuyez, grippé dans votre lit, pensez à reprendre vos albums, et à les compléter avec les indications dont vous vous souvenez ! Vos héritiers vous en seront sincèrement reconnaissants !

Par ednath - Publié dans : on s'en tape mais on le dit quand même - Communauté : Suisse Romande
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 21:46

Hallucinant ! Et c'est avec cette voix féminine assénant le plus sérieusement du monde cette aberration à la radio nationale, qu'il a fallu se réveiller un jour cette semaine

"... Ça va leur faire prendre une mauvaise habitude !!!!"

Non, ce n'est pas possible ! Pour proférer des énormités pareilles, il ne faut jamais avoir eu d'enfant ! C'est du moins tout ce que l'on peut souhaiter à la non progéniture de cette féministe...

Certes, comme nous avons eu l'occasion de le déplorer maintes et maintes fois depuis la création de ce blog il y a un peu plus de 4 ans, la place de l'enfant dans notre société est ambivalente, tour à tour sur un piédestal au centre de la vie de famille et considérée comme un cruel manque à gagner, quand ce n'est pas une *corvée* à assumer quotidiennement...

Corvée... voilà exactement l'impression que donnent les différents reportages de nos médias lorsqu'il est question des rares moments à passer en famille. C'est à qui dans le couple réussira à envoyer l'autre chercher junior à la crèche, ou aura quelque chose à faire de plus urgent au moment du bain...

Jusque là, il semblait que le fond avait été atteint, que tout était monnayé, et que considérer comme un bonheur et un privilège chaque instant passé en compagnie de ses enfants était un signe rétrograde de manque d'ambition et de philosophie passéiste, quand ce n'est pas une allusion méprisante à une devise valable durant la IIe guerre mondiale...

Eh bien non. Il y a eu pire cette semaine. L'un des moments les plus précieux de l'accès à la parentalité, à savoir le congé maternité, a été attaqué.

Certaines se battent pour que soit créé un *congé paternité*. Pour que le partage des tâches débute dès la naissance...

En elle-même, cette idée est attrayante. Pourquoi la femme serait-elle la seule à pouvoir profiter de ce petit être tout neuf, à suivre jour après jour son éveil au monde, la découverte de ses sens ? Qu'y a-t-il de plus beau que d'apprendre à reconnaître les pleurs, à sentir le petit corps s'endormir au moment du biberon, à vivre le bonheur total des mains minuscules s'agrippant autour de son doigt... ?

Mais tout cet aspect de découverte de ce petit ange n'était, et de loin, pas la préoccupation de la femme interrogée ce matin-là. Tout ce qui ressortait de son propos était une vision matérialiste de la situation. Dans sa bouche, ces 16 semaines si précieuses tant pour la mère que pour l'enfant, n'étaient qu'une suite de jours au cours desquels la femme était clouée à la maison, pendant que le mari pouvait *vivre* à l'éxtérieur ! 

Jusqu'à la phrase finale, cette affirmation selon laquelle en étant seule à bénéficier d'un congé maternité, la femme entérine une situation désagréable, et que les hommes, en pouvant continuer leurs activités habituelles sans cet arrêt obligatoire, vont prendre de mauvaises habitudes...

Les bras m'en tombent...

Par ednath - Publié dans : Education - Communauté : Suisse Romande
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